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[DÉBAT] French Impact et l'accélérateur de l'innovation sociale

[DÉBAT] French Impact et l'accélérateur de l'innovation sociale
Les réactions sur le #FrenchIMPACT ont circulé sur les réseaux et dans ma boîte mail. Voici quelques réactions glanées afin d'alimenter le débat lancé dans un précédent article. Il s'agit plus de condensés avec des liens pour alimenter les réflexions et le débat que d'une synthèse ou d'une analyse pour lesquelles il faudrait beaucoup de recul (et déjà quelques résultats à mesurer). Le débat semble ouvert sur les réseaux sociaux, ce qui laisse présager que chaque acteur - on l'espère - pourra apporter sa pierre à l'édifice, être force de proposition et éventuellement mettre en lumière des points de vigilances. Demain tout le monde sera-t-il #FrenchIMPACT ?


 

Une première partie rassemble des réactions qui vont des interrogations aux recommandations et sont objets de débat. Une seconde partie est consacrée au soutiens apportés par les professionnels de l'intérêt général.

 

Le danger de la culture de l'impact pratiquée à l'excès

 

Je ne peux que vous conseiller l'excellent article de Rodolphe Gouin sur le sujet. Sans vouloir le paraphraser, il note que cette culture de l'impact qui a envahi le secteur de la générosité et de l'ESS a des bienfaits (professionnalisation, augmentation de la performance de collecte...), mais comporte aussi des dangers :

- celui de la difficulté à financer des frais de fonctionnement (qui n'ont pas d'impact par rapport à un projet) ; la solution : " une perspective qualitative de l’impact et non un ratio d’efficience entre financement apporté et résultats obtenus".

- celui de ne plus financer les causes les plus difficiles (peu rentables, complexes à mesurer...) ; la solution : " la logique que devraient suivre les financeurs et donateurs afin pour que les causes les plus difficiles ne soient pas délaissées consisterait donc à choisir d’abord la cause ou l’organisme sans but lucratif en fonction de valeurs puis, si le soutien à apporter est compatible, exiger l’engagement sur des résultats en termes d’un impact."

 

Une réaction sur l'importance de ne pas oublier les acteurs de proximité 
 

Emmanuelle de Pétigny, fondatrice et dirigeante d'Alterm : "J'accompagne depuis 8 ans des associations ou des projets ESS de toute taille pour les aider à se développer, à changer d'échelle, à structurer leur modèle économique, ou tout simplement à revenir à leurs fondamentaux. Et je sais que certains n'auront pas les clés, les codes, les moyens, les réseaux... pour participer à ce type d'appels à projets. Alors que faire ? 

Pour moi, arrêter d'essayer de tout réinventer, recenser les projets qui marchent, les aider à se structurer, à communiquer, à montrer leur différence tout en travaillant sur un modèle économique pérenne, pour mieux essaimer. Des projets, des initiatives existent partout en France qui ont un vrai impact. Parfois ce sont de petits projets, mais ils ont une vraie expérience de terrain, une vraie proximité. Ce sont eux qu'il faut aider à se structurer pour faire face, notamment, à une baisse des subventions locales. Le maillage territorial tant nécessaire sur le (fameux) vivre-ensemble est souvent porté par des petits. Ce serait bien que les projecteurs soient aussi braqués sur eux, et pas forcément toujours sur les mêmes..."

 

Le regret que le lancement simultané de #FrenchIMPACT et de l'accélarateur de l'innovation sociale ne brouille les pistes

 

Duc Ha Duong, entrepreneur et cofondateur d'Officience déclare sur Médium : "Je regrette l’annonce simultanée de l’initiative #FrenchImpact et de l’Accélérateur. La part belle à ce dernier pose un climat compétitif (“postulez, il n’y aura que 15 gagnants”), qui va nuire à l’esprit solidaire attendu de la communauté #FrenchImpact. De plus il vise à qualifier de “pionniers” des personnes morales (entreprises sociales et solidaires), au lieu de donner la part belle aux personnes physiques, ces individus qui sont les briques élémentaires de toute communauté."

 

Les incohérences du soutien financier de l'État à l'innovation sociale

 

Démonstration sur Facebook de Boris Aubel, créateur d'Etika Mondo : 

-  Si la structure qui accompagne a la compétence d'accompagner un projet innovant, pourquoi n'innove-t-elle pas ?
- La subvention tue le modèle économique : pourquoi ne pas acheter les fruits de l'innovation plutôt que d'injecter des fonds qui n'ont même pas à être remboursés ? 
- Candidater à ces appels à projets prend du temps et une entreprise qui innove coûte cher, donc le temps est précieux. Il faudrait plutôt injecter les fonds dans la création de l'écosystème favorable : c'est la mission de l'État.
- Mobiliser du temps potentiellement à perte si le projet ne remporte pas le concours.
- La question de l'impact reste difficile à encadrer juridiquement. 

On peut adjoindre à ces réflexions issues d'un débat sur un post Facebook les difficultés d'un modèle imposé par gouvernance, par le haut...

 

L'impossible comparaison French Tech / Social : on ne peut pas comparer la tech et le social 

 

Boris Aubel sur Facebook : "N'y a-t-il pas différence entre adhérer à la Tech et s'autoproclamer "moral" ? "

Duc Ha Duong sur Facebook : " Le scepticisme n'est pas par rapport au sujet mais par rapport à moi. Suis-je dans le mouvement ? Est-ce que je mérite d'arborer ce badge ? C'est facile de savoir si on est Tech, c'est difficile de juger son impact global, en tenant compte des dimensions économiques, culturelles, écologiques, humaines, sociales, éducatives, et de santé.

 

Les questions posées par Alternatives Économiques

 

- "Respecte-t-on le champ de l'ESS défini par la loi, ce que la formulation pourrait laisser croire, ou s'étend-il à un indéfini entrepreneuriat social ce que certains discours laissent entendre ?

- Sommes-nous en présence d'un label, au sens juridique du terme, comme cela est mentionné dans le dossier de presse ? Et en ce cas, quelle est l'autorité de certification ?

- Qui choisira parmi les candidatures ? L'État seul ? Une codécision entre État et acteurs ? Cela sera-t-il un jury indépendant ? "

 

Des recommandations sur Socialter via un article des fondateurs de l'agence Les beaux Jours

 

- se connecter aux collectivités territoriales

- favoriser les innovations sociales là où les habitants en ont le plus besoin

- favoriser le renouvellement et l’ouverture des processus d’innovation sociale

 

Toutes les réactions s'accordent cependant des points positifs sur le #FrenchImpact : la mise en valeur d'un secteur méconnu ou peu vendeur (pas très "glam"), la volonté de partage de bonnes pratiques, une prise de conscience par le monde "marchand" que le secteur de l'ESS est important, et qu'il faut repenser l'entreprise. 

 

Des soutiens importants du secteur, dont certains clairement affichés

 

Les entreprises pour la Cité : "Le réseau Les entreprises pour la Cité a participé au groupe de travail préliminaire à l’accélérateur national d’innovation sociale sous l’égide de Christophe Itier, à travers sa Déléguée Générale Antonella Cellot-Desneux, et restera à l’écoute et force de proposition sur ces initiatives.

 

Frédéric Bardeau, co-fondateur de Simplon.co a affirmé son soutien au label dans une tribune "La nouvelle ESS est French Impact, et vous ?" [allant à l'encontre d'Hugues Sibille qui avait réagi à une formule de Novethic sur Twitter].

Extrait : "La nouvelle ESS peut être “small is beautifull” mais elle ne peut pas se désintéresser de sa réplication pour que d’autres n’aient pas à réinventer la roue. La mutualisation et la coopération permettent aux financeurs de se concentrer sur l’impact et sur la bonne utilisation de l’argent donné : c’est pourquoi ce secteur s’est tout entier tourné vers le passage à l’échelle, en se répliquant et se franchisant voire s’opensourcant pour aller encore plus loin comme l’encourage l’Accélérateur d’innovation sociale du Haut Commissaire à l’ESS."

 

Jean Saslawsky, directeur général de la Fondation La France s'engage, dans une tribune sur carenews.com " FrenchImpact : une bannière pour s'engager dans l'innovation sociale". Il répond même à quelques craintes : "Preuve des belles synergies qui existent entre notre Fondation et l’accélérateur national, nos deux appels à projets sont complémentaires. Les porteurs de projets sont d’ailleurs nombreux à nous interroger sur la pertinence à candidater à l’un ou à l’autre. Nous avons un postulat au sein de la Fondation la France s’engage : encourager toutes les excellentes initiatives collectives, qui ont fait la preuve de leur impact et qui profite au plus grand nombre. Car s’engager, c’est bénéfique pour la société toute entière."

 

L'UDES :  " les mesures annoncées vont dans le bon sens et, puisque prioritairement ciblées vers les entreprises de l’ESS, sont de nature à accompagner le développement des projets d’utilité sociale portés par les entreprises du secteur (associations, coopératives, mutuelles, entreprises sociales)."

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